Et si vous preniez la parole ?
Il y a une semaine, Kinayla a posté un billet sur D1000 et D100 : Pourquoi on a bien failli disparaître en tant que site rôliste.
J’imagine ici une petite musique d’attente pendant que je vous laisse la lire et je vous livre ce que j’en ai retenu : elle évoque tout à la fois la fragilité des contenus éditoriaux, qui peuvent disparaitre à tout moment, et la fragilité du travail bénévole / associatif.
Son article m’a touché parce qu’il a résonné en moi et je n’ai pas écrit dessus tout de suite, j’ai laissé passer les jours1.
Il y a deux points que je voudrais scinder : le contenu éditorial en général et son archivage / documentation et le travail bénévole et ses aléas.
Sur la question de contenus éditoriaux… tout peut disparaitre à tout moment.
Un site de références, un travail comme celui du Thiase parce qu’il repose sur une seule personne. Concernant ce travail, d’ailleurs, il a pu être repris par la FFJdR, mais elle n’est pas moins fragile, elle ne repose pas sur énormément de personnes…
Ce souci n’est pas spécifique au bénévolat. Il y a des maisons d’édition qui apparaissent régulièrement, mais d’autres également qui ferment. La fin d’une maison, c’est la fin de ses ouvrages sur le marché.
Je pose ce constat ici, dans la suite de ce qu’écrit Kinayla, mais sans envisager de solutions.
Pour archiver, documenter, conserver… il faut des structures, des gens, des moyens…
Concernant D1000 et D100, elle propose déjà d’accueillir des articles de sites qui fermeraient et c’est une première étape.
Je me dis que je vais faire de la veille sur ce sujet, voir si des initiatives existent ou se créent, les relayer le cas échéant.
Mais le point qui m’a touché, donc, c’est la question du travail bénévole et du fait qu’un site / une structure / une association puisse disparaitre sans un bruit.
En 2011, j’avais écrit un billet sur Pourquoi les Vagabonds du Rêve ?
J’y racontais que le nom des Vagabonds du Rêve est apparu en 1990.
Quelques mois plus tard (avril 2012), les Vagabonds devenaient une association et le nom de domaine vagabondsdureve.fr a été créé fin 2013.
Je pose un peu ces dates pour réfléchir au chemin parcouru.
Par exemple, l’article le plus ancien sur la #TribuneVdR date de 2002 donc des chroniques publiées sur Onire.com.
Entre 2002 et aujourd’hui, le support site web a changé plusieurs fois d’url et d’outils. Par exemple, je n’ai toujours pas fini de nettoyer 296 billets qui sont encore sur Blogger, l’outil de blog de Google. Ce sont des articles de 2009 et d’avant et, sur la version actuelle, ils ont un nom d’auteur unique et inexact, mais je traine sur ce traitement…
Depuis 2002 (24 ans donc), les personnes ont beaucoup changé. Des arrivées et des départs ou des changements de vie et d’envie. Comme Mère Dragon, qui, après avoir écrit des centaines de chroniques, a juste été lassée de l’exercice qui transformait chaque lecture en travail.
En vérité, si le billet de Kinayla m’a touché, c’est qu’il m’a rappelé la solitude qu’il y a derrière ce genre de travail éditorial et que je ressens depuis 1990.
A l’époque de mes premiers fanzines, il n’y avait pas internet et tout se faisait par courrier postal. Les mails et les sites web ont rendu les choses plus fluides, plus faciles. Plus agréable aussi, de mon point de vue : je préfère saisir un nouvel article sur la Tribune que de le retaper à la machine avant de le découper, coller, photocopier…
Mais, comme en 1990, l’équipe est éclatée, on s’échange des messages, mais on ne se réunit pas pour un diner et, quand je reçois une nouvelle vidéo à monter (même très simple) ou un article à mettre en ligne, je peux laisser filer les jours car, au fond, je sais que, tristement sans doute, personne ne s’apercevra si on ne poste rien pendant 4 mois…

Alors je voudrais vous lancer un appel.
Si un site vous plait (qu’il parle de JdR, de collectionner les mugs ou de votre livre préféré…), si un loisir vous fait vibrer, si vous avez à cœur qu’on documente un sujet en particulier… ça ne vous dirait pas de vous exprimer ?
On vit une époque difficile, je ne pense pas que j’ai besoin d’argumenter cette déclaration.
Je me dis que c’est peut-être quand l’époque est difficile qu’on a le plus besoin de faire vivre la culture. Et la Culture, avec un grand C, c’est toute la culture : des motifs de broderie aux paroles de vos chansons préférées.
Quand un site vous plait, quand une communauté ou un forum vous permet de vous sentir bien… vous pouvez sans doute vous renseigner pour savoir si vous pouvez aider et comment ?
La Tribune accueille volontiers de nouvelles voix, mais mon appel est valable pour tout le monde. Je suis concerné parce qu’on est une toute petite équipe associative et que c’est tellement plus sympa d’être plus nombreux·ses et de s’entraider, mais ça n’est pas valable que pour nous. D1000 et D100 sans aucun doute aussi. Et la FFJdR qui pourrait avoir un rôle dans l’archivage de ce qui concerne le jeu de rôle.
Il y a l’association Elbakin en fantasy, OselaSF qui veut aider le développement des conventions, etc.
Bref… et si vous preniez la parole ?
Ce billet a également été posté sur mon blog.
- aussi parce que je procrastine beaucoup et, ce week-end, j’ai préféré bingewatcher Pursuit of Jade #cdrama #fantasy… ↩︎
